La galerie pendant deux guerres : un hôpital, puis une frontière
L’hôpital
Soixante mètres de plancher avec dix-huit fenêtres sur deux côtés, c’est, si l’on ne pense pas à l’architecture, une salle d’hôpital. Gaston Menier — qui avait hérité du château de son frère Henri en 1913 — y a installé un hôpital militaire temporaire à ses frais. Simonne Menier, sa belle-fille, a servi comme infirmière-major et l’a dirigé. Le chiffre de l’exploitant est précis : 2 254 soldats blessés y ont été soignés jusqu’au 31 décembre 1918.
Une note sur son nom, car vous le verrez orthographié des deux manières. Le dépliant de l’exploitant écrit Simonne Menier, avec deux n. D’autres sources écrivent Simone Menier et donnent ses dates de 1881 à 1972. Ce site utilise l’orthographe de l’exploitant, car sur les faits concernant ce château, la famille propriétaire l’emporte, et il vous signale que l’autre orthographe existe plutôt que de choisir discrètement.

La ligne de démarcation
Voici le dépliant de l’exploitant, mot pour mot :
« Le Cher matérialisait la ligne de démarcation. L’entrée du château se trouvait en territoire occupé (rive droite). La porte sud de la galerie permettait d’accéder à la rive gauche, permettant à la Résistance de faire passer de nombreuses personnes en zone libre. »
Décomposons cela. La rivière était la frontière entre la France occupée et la zone libre. Le bâtiment enjambe la rivière. L’entrée se trouvait du côté occupé. La porte la plus éloignée de la galerie était du côté libre. Ainsi, la sortie de la France occupée, pour les personnes que la Résistance faisait passer, consistait à traverser une salle de la Renaissance.
Ce n’est pas une histoire qu’un guide aurait inventée un après-midi pluvieux. Elle est publiée par la famille propriétaire des lieux, dans le dépliant remis à chaque visiteur avec son billet, et c’est la raison d’être de ce site. C’est aussi la raison pour laquelle aucune des photos ici n’est légendée comme étant cette salle.
Deux fois en trente ans
La même salle, les deux fois. Construite en 1576 et inaugurée en 1577 comme galerie pour une reine, sur un pont commandé par la favorite d’un roi, elle a servi d’hôpital pendant la première guerre et de point de passage pendant la seconde. Rien dans sa conception n’était prévu pour l’un ou l’autre. Elle était utile parce qu’elle était longue, couverte, et qu’elle avait une porte à chaque extrémité dans deux endroits différents. Lisez la galerie pour la salle elle-même.
Le pont qui a rendu tout cela possible a été commandé par Diane de Poitiers dans les années 1550, et la galerie au-dessus a été construite par Catherine de Médicis. Aucune d’elles ne résolvait un problème qui existerait quatre siècles plus tard.
Qui se tenait là
La famille Menier est propriétaire de Chenonceau depuis 1913 et l’est toujours — qui en est le propriétaire. Les deux guerres se sont déroulées dans une maison appartenant à quelqu’un, et les deux événements décrits sur cette page ont été des décisions prises par les personnes qui y vivaient.
Questions fréquemment posées
Que s’est-il passé à Chenonceau pendant la Première Guerre mondiale ?
Gaston Menier a équipé un hôpital militaire temporaire à ses frais dans la galerie, et sa belle-fille Simonne Menier l’a dirigé en tant qu’infirmière-major. Les registres indiquent que 2 254 soldats blessés y ont été soignés jusqu’au 31 décembre 1918.
Chenonceau se trouvait-il sur la ligne de démarcation ?
Oui. Le dépliant de l’exploitant précise que le Cher matérialisait la ligne de démarcation, que l’entrée du château se trouvait en territoire occupé sur la rive droite, et que la porte sud de la galerie donnait accès à la rive gauche, permettant à la Résistance de faire passer de nombreuses personnes en zone libre.
S’agit-il de Simonne ou Simone Menier ?
Le dépliant de l’exploitant écrit Simonne, avec deux n. D’autres sources écrivent Simone et la datent de 1881 à 1972. Ce site suit l’exploitant et note le désaccord.